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La
formation des psychologues d'orientation psychanalytique
en danger

Guillaume GRIENENBERGER
36 rue des roses
75018 PARIS
@: grienenberger.guillaume@neuf.fr
tel. 01.72.38.38.24
fax. 01.44.72.90.15
port. 06.67.49.84.23
Je mappelle Guillaume GRIENENBERGER,
je suis étudiant en psychologie clinique à
luniversité Paris 13, je voulais vous informer
de ce qui nous arrive, à nous futurs psychologues
cliniciens dorientation psychanalytique, dans notre
formation de moins en moins qualifiante et de plus en
plus « large », cest malheureusement
dans le mauvais sens du terme
Nous avons décidé
de faire connaître notre action auprès de
tous les professionnels mais aussi au niveau du publique,
qui à notre avis sera le premier à pâtir
de ces changements tragiques qui donneront peu à
peu naissance à une nouvelle profession les assistantes
sociales psychologiques. EN CE QUI NOUS CONCERNE NOUS
NE VOULONS PAS NOUS LAISSER FAIRE ET JE VOUS LAISSE LIRE
CE QUE NOUS DEMANDONS AUX INSTANCES INFLUANTES.
Ce que je vous demande aujourdhui
cest votre soutien, vous pourriez faire connaître
notre démarche, nous avons créé une
adresse mail ( psychaclinique.universite@neuf.fr ) pour
recueillir des mails de soutien sous forme de pétition
pour faire valoir notre démarche car nous navons
pour linstant aucune réponses. Je vous remercie
et je reste à votre disposition pour tout renseignements
supplémentaires.
Guillaume GRIENENBERGER
Nous avons également plus de 341
signatures aux pétitions circulantes.
Jointe la lettre aux instances influentes.
Villetaneuse, le 4 avril 2005
Les représentants des étudiants
en psychologie de lUniversité PARIS 13
Monsieur Alain NEUMAN
Président de lUniversité PARIS 13
99, Av. Jean-Baptiste Clément
93430 Villetaneuse
Copie à : Monsieur MONTEIL, directeur
des études supérieures au ministère
de lEducation Nationale, Madame Ariane DESPORTE,
directrice dUFR, Madame Fathia CHOUKRI, directrice
de département.
En sadressant à leur président
duniversité Monsieur Alain NEUMAN, les étudiants
de psychologie de luniversité Paris 13 sollicitent
lattention du directeur des études supérieures
au ministère de léducation nationale
Monsieur Jean-Marc MONTEIL, de leur directrice dUFR
Madame Ariane DESPORTE, de leur directrice de département
Madame Fathia CHOUKRI, et lensemble des personnes
concernées de près ou de loin par la formation
des psychologues à luniversité.
Plongés dans une inquiétude
grandissante depuis la préparation des réformes
LMD, la mise en place des nouveaux cursus depuis octobre
2004 est venue légitimer nos craintes.
Cette réforme ne doit pas servir
de prétexte pour mettre à lécart
la référence théorique psychanalytique
de la psychologie.
Nous manifestons, aujourdhui, notre
mécontentement face à lorientation
que prend notre université, visant à promouvoir
lenseignement de la psychologie en une formation
généraliste, qui sengage ainsi sur
la voie de la déspécialisation et de luniformisation.
Cette nouvelle forme globalisante, ne nous donne que lillusion
de la diversité et du choix.
Par ailleurs, nous pouvons faire laffligeant
constat que le titre de psychologue, proposé dans
notre université avec lobtention du Master
2 professionnel psychologie clinique et pathologique,
risque de se départir de toute sa cohérence
et de sa consistance en mettant à mal, ce qui depuis
des années fonde sa pertinence : la spécialisation
psychanalytique.
Bien que lenseignement de ce master
ne soit pas aujourdhui amputé de son orientation
en psychanalyse, il perd de sa légitimité
avec la suppression du laboratoire Centre de recherche
des cliniques Psychanalytique, Sociale et Culturelle auquel
les étudiants étaient adossés, et
la suppression de son corollaire pour la recherche le
Master 2 recherche (anciennement D.E.A.) Psychanalyse
et psychopathologie : approches clinique, sociale et culturelle.
Le programme du nouveau M2 recherche Développement,
psychopathologie, psychanalyse et clinique transculturelle,
proposé depuis cette année aux étudiants,
révèle concrètement la tendance actuelle
à tout mélanger pour mieux despécialiser.
En effet, ce M2 propose une approche théorique
dite ouverte (différents courants de la psychologie
y sont abordés) et pluridisciplinaire (sciences
humaines et médecine). On note à ce titre,
lodieux tronc commun du premier semestre qui inclue
tout à la fois dun intitulé «
fourre-tout ».
Encore plus directement, mais dans la même
lignée, les restrictions budgétaires qui
sabattent sur le Master psychologie clinique et
psychopathologique témoignent de linadmissible
désaveu porté à la qualité
de notre formation.
A titre dexemple, juste pour le M1
concernant les enseignements de TD du parcours clinique
: le nombre de groupe diminue (7 groupes de TD dentretien
clinique au premier semestre pour 6 au second) alors que
le nombre détudiants inscrits a augmenté
depuis lannée dernière (104, à
savoir la moitié de la totalité des étudiants
de M1 psychologie) ; et les volumes horaires diminuent
(4 heures de TD dentretien clinique et 6 heures
de TD de clinique projective ont été tout
bonnement supprimées en cours dannée).
Ainsi chaque étudiant perd 10 heures
denseignement par rapport à ce quil
était en droit dattendre lors de son inscription.
Il voit leffectif de ses TD gonfler au fil des mois,
ce qui compromet de toute évidence les bénéfices
de ce travail qui ne peut fonctionner quen petits
groupes. Enfin, dépendant de lorganisation
administrative, toujours mise à mal par de nouvelles
prérogatives, il ne pourra pas assister à
tous les cours magistraux qui, répétitivement,
ont lieu simultanément.
Ces dispositions présentent une double
incohérence.
Tout dabord, lintérêt
manifesté par les étudiants nest pas
pris en compte alors même quil est en adéquation
avec celui des institutions dans lesquelles ils se destinent
à exercer.
- Parmi les 196 étudiants de Licence
3 mention psychologie, 113 sont inscrits en parcours psychologie
clinique et pathologique, 35 en psychologie sociale, 32
en psychologie du développement, 11 en psychophysiologie
et 5 en psychologie cognitive.
- Le Master1 psychologie clinique et psychopathologique
compte 200 étudiants (dont 90 ayant pris en dominante
le parcours psychopathologie et psychanalyse, 70 celui
de clinique, et 40 celui de psychologie interculturelle),
alors quon compte seulement 22 étudiants
en M1 travail et consultation psychologique sociale; et
35 en M1 psychologie de lenfant et de ladolescent.
- 65 étudiants sont aujourdhui
en Master 2 pro. psychologie clinique et psychopathologique
pour plus de 700 demandes dinscription en 2004.
Pour les autres M2 pro. mention psychologie, on compte
29 étudiants en M2 psychologie de lenfant
et de ladolescent ; et 22 en M2 psychologie sociale
pour seulement une centaine de demandes en tout pour ces
deux spécialités.
- On compte 16 étudiants inscrits
en M2 recherche développement, psychopathologie,
psychanalyse et clinique transculturelle, alors quune
cinquantaine de demandes ont été faites
en 2004 pour le M2 recherche Psychanalyse et psychopathologie
: approches clinique, sociale et culturelle. (La plupart
de ces demandeurs a du changer de faculté au dernier
moment, le programme du nouveau Master 2 recherche ne
convenant pas à leurs aspirations).
Ces chiffres prouvent objectivement que
la majorité des étudiants, en sinscrivant
dans notre université, recherchent une formation
en psychologie clinique et psychopathologique dorientation
psychanalytique. Pourquoi la politique dite démocratique
de luniversité va-t-elle à lencontre
de cette réalité ?
De plus, le département de psychologie
de luniversité Paris 13 pouvait former, depuis
sa création, des psychologues cliniciens avec une
véritable qualification en psychopathologie psychanalytique,
grâce, entre autres, à une formation clinique
en établissement de soins, supervisée par
des enseignants qualifiés et eux-mêmes praticiens.
Les compétences des étudiants étaient
jusquà ce jour reconnues dans les institutions
où ils se présentaient, puisquils
pouvaient faire valoir la juste qualification théorique
et pratique dont ils bénéficiaient. Ceci
contribuant à affirmer la renommée de notre
université au niveau national.
La réalité clinique institutionnelle
nous montre que la psychologie est aujourdhui plurielle.
Pour que cette pluralité soit cliniquement bénéfique,
il faut que chaque psychologue puisse garder sa spécificité
et celle de ses outils. Un seul type de formation en psychologie
nous parait donc absolument inenvisageable.
La politique actuelle de notre université,
si elle se perpétue dans une orientation vers la
déspécialisation, vers un tout unique aboutirait
directement à une reconfiguration de la formation
des futurs psychologues en lappauvrissant. A plus
long terme, cest lexistence de la psychologie
elle-même dans sa pluralité qui serait remise
en cause.
Nous sommes sérieusement inquiétés
par les dernières mesures prises, en parfaite contradiction
avec la forte demande de lensemble des étudiants
dune part, et la renommée de luniversité
dautre part. Les étudiants de psychologie
de Paris 13 demandent donc à leur président
quil mette tout en uvre, dès réception
de la présente lettre, pour quaient lieu
:
- La réhabilitation du M2 recherche
(anciennement D.E.A.) Psychanalyse et psychopathologie
: approches clinique, sociale et culturelle et, de fait,
la réhabilitation du laboratoire Centre de recherche
des cliniques Psychanalytique, Sociale et Culturelle (CPSC).
- La réhabilitation du M2 professionnalisant
(anciennement D.E.S.S.) Psychologie clinique transculturelle
et pratiques interculturelles.
En témoignage de notre détermination
et de lampleur de notre mouvement, ci-joint la pétition
ayant circulé dans notre département et
rassemblant 341 signatures détudiants en
psychologie dont 208 prévoyaient une inscription
en M2 recherche Psychanalyse et psychopathologie : approches
clinique, sociale et culturelle ; et 70 prévoyaient
une inscription en M2 professionnalisant Psychologie clinique
transculturelle et pratiques interculturelles.
La politique menée par notre université
tend à lui faire perdre ses meilleurs éléments
en grand nombre et donc contribue par ce fait à
en amenuiser sa réputation.
Enfin, pour affirmer sans controverses nos
revendications, nous tenons à préciser que
notre démarche ne va en rien à lencontre
des nouvelles spécialités qui saffirment
dans notre université et que nous ne sommes aucunement
opposés au développement de psychologie
dinspirations diversifiées en son sein (toutes
proportions gardées par rapport à la demande
des étudiants inscrits à Paris 13). Il est
essentiel, pour quune spécialité puisse
perdurer dans toute sa droiture et son efficacité,
que les moyens dont elle a besoin, se développent
pour elle et non contre dautres courants théoriques.
En allant dans ce sens, les recherches en psychologie
nen seront que plus fructueuses et les formations
offriront de véritables spécialisations,
nécessaires à nos justes qualifications,
tout en préservant la possibilité dun
choix dorientation réfléchi et éprouvé.
Cest de notre avenir de psychologues
dont il sagit et nous mettrons tout en uvre
pour le préserver.
Monsieur le Président de lUniversité,
tout en sachant le surcroît de travail que cela
vous procure, nous attendons de vous rencontrer avant
le 1er mai 2005 pour la présentation des projets
concrets que vous saurez mettre en place.
Dans lattente de ce rendez-vous, veuillez
croire, Monsieur le Président de lUniversité,
à lexpression de nos salutations sincères
et respectueuses.
Les représentants des étudiants
de psychologie de luniversité Paris 13
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